Comptes-rendus d’activité
2020
L’épidémie de la COVID19 a certes bouleversé l’année mais n’a pas empêché l’Académie Julien Sacaze de fonctionner convenablement et de réaliser l’essentiel de ses activités habituelles.
Les choses avaient pourtant mal commencé avec l’annulation de la rencontre de printemps prévue à Valcabrère avec d’autres sociétés savantes pyrénéennes. L’initiative lancée en 2019 n’a donc pas eu le prolongement attendu : la réunion sera retardée en 2021 si le contexte sanitaire le permet.
Au contraire le programme estival s’est déroulé sans anicroche. Cinq conférences ont eu lieu, organisées cette année dans la grande salle Henri Pac du casino de Luchon car la salle traditionnelle de l’hôtel de Lassus, sur l’allée d’Etigny, s’avérait incompatible avec les exigences de distanciation entre auditeurs. Ce changement de lieu a permis d’ouvrir au public plusieurs conférences, heureuse évolution engagée progressivement dans les années précédentes.
Jérôme Aner a commencé, le 17 juillet, en présentant une page d’histoire méconnue, le massacre de Pontaut au Val d’Aran, le 18 août 1811. La semaine suivante Bertrand de Gorsse a brossé une histoire de l’urbanisme de Luchon qui dut s’adapter à l’évolution rapide du thermalisme. Le 7 août, Jean-Marc Chaduc a résumé l’histoire du village de Valcabrère qui, à côté de la cité de Saint-Bertrand, a connu une évolution propre, originale. Le 21 août, Jacques Verdier a feuilleté les pages héroïques des débuts de l’aviation où notre région a joué un rôle primordial avec Ader, Latécoère, l’Aéropostale… Enfin, le 28 août, Martine Prouillac a présenté Franz Schrader dont on admire à la fois le regard scientifique du cartographe et l’œil du peintre.
Les 2 et 3 septembre a eu lieu le voyage traditionnel, consacré cette année au pyrénéisme autour de quelques sites majeurs des Hautes-Pyrénées. Gavarnie, Lourdes, Saint-Savin, Cauterets ont accueilli successivement les membres de l’Académie et leurs invités. Comme chaque fois, visites, conférences, promenades et repas conviviaux ont alterné, composant un très riche programme où se conjuguent la culture et l’amitié.
Les contraintes sanitaires de fin d’année ont empêché la tenue de l’assemblée générale. Elle a été remplacée par une réunion restreinte qui a débattu diverses résolutions statutaires, lesquelles ont ensuite été soumises aux membres pour décision, par correspondance. Le bureau a été renouvelé, Martine Prouillac étant élue présidente et Jep de Montoya premier vice-président. Plusieurs nouveaux membres associés ont été élus et Daniel Egré nommé académicien. Le rapport moral et le rapport financier ont été approuvés, concluant l’action de Frédéric Vionne pendant son mandat de président, qui a été saluée. La convention qui lie l’Académie et la ville de Luchon va être remise en chantier à l’occasion du remplacement de la municipalité survenu à l’issue des élections du mois de juin dernier.
Notons enfin que l’Académie a eu la tristesse de perdre plusieurs membres en cours d’année, Jean-Clément Dauban, académicien, figure marquante de la compagnie, et Robert Curnelle, membre associé.
2019
En commençant son mandat, le nouveau président, Frédéric Vionne, a proposé de renouer avec la formule de l’ « Université d’un jour » instaurée en son temps par Jean Castex et oubliée depuis une dizaine d’années. Il s’agissait de réunir des représentants des diverses sociétés savantes de la région afin de mieux se connaître et de tirer parti des expériences de chacune. C’est ainsi que le 20 avril nous nous sommes retrouvés nombreux, représentant une petite dizaine d’associations régionalistes, dans la salle des Cordeliers de Valcabrère, pour échanger sur nos activités respectives. Quelques exposés illustrés, des débats nourris et un agréable déjeuner commingeois « Chez Simone » à Saint-Bertrand ont fait de cette nouvelle « Université de printemps » un vrai succès qui sera reconduit.
Le programme estival a commencé le 26 juillet par une journée « hors les murs » à Billière, au-dessus de Luchon. Sur invitation du maire de la commune, nous avons eu le plaisir de retrouver la statue de Vierge à l’enfant, de pur style commingeois et datée du début du XIVe siècle, dont l’Académie a largement financé la restauration, conformément à la vocation que lui assignent ses statuts. Cette œuvre d’art pourra désormais illustrer dignement le patrimoine de nos vallées. Notre hôte a également évoqué les liens qui unissaient son village à notre fondateur, Julien Sacaze.
Les conférences des vendredis d’été ont été, comme toujours, vivantes et variées, avec l’ambition d’intéresser membres et invités curieux de recherches originales sur le Luchonnais et ses environs.
Le cycle 2019 a commencé de façon magistrale avec, le 19 juillet, une conférence de Serge Brunet, notre secrétaire perpétuel, sur le thème « Des montagnards et leurs églises, IXe-XVIIe siècles ». Adapté de son livre récemment publié, Les églises de la Terre. Les communautés paysannes du Val d’Aran et des Pyrénées centrales XIIIe-XVIIe siècle, son propos nous a décrit les relations très particulières qui existaient entre prêtres et villageois dans les paroisses du Val d’Aran d’autrefois.
Le 2 août Marie-Dominique Guiraud a régalé son auditoire par une communication pleine d’esprit et d’humour sur un fameux procès qui eut lieu au début du vingtième siècle à propos d’une succession familiale où était impliqué, malgré lui, le roi d’Espagne Alphonse XIII. Les débats juridiques eurent un vrai retentissement car le jugement était susceptible de créer une jurisprudence.
Le 9 août Bertrand de Gorsse est revenu sur la passion des Anglais pour les Pyrénées, évoquant, parmi bien d’autres, des figures célèbres comme Russel et Packe. En ces temps de « Brexit », il est bon de se souvenir des liens amicaux, qui perdurent heureusement aujourd’hui, entre les visiteurs insulaires et nos concitoyens, source d’enrichissement mutuel.
Le 23 août, Daniel Egré a ressuscité Lugdunum Convenae en présentant de nombreuses vues des monuments romains de la Cité. On croit bien connaître le sujet mais chaque année apporte une nouvelle moisson de découvertes qui enrichissent et renouvellent la perception que l’on peut avoir de la ville antique. Nul doute que les aménagements du site qui vont avoir lieu bientôt à l’initiative des collectivités locales et régionales rendront nécessaire une nouvelle conférence dans quelque temps.
Comme chaque année, le point d’orgue du programme a été le voyage de trois jours, cette fois en Catalogne. Du 27 au 29 août, nous avons sillonné cette riche province, avec visite de quelques lieux spectaculaires. Le titre général « L’esprit de la Catalogne : Dali, Gaudi, Montserrat » affichait d’emblée l’ambition de la promenade.
La première journée a dons été consacrée au fantasque Dali : l’extraordinaire musée de Figueras et le château de Pùbol laissent pantois. Du grand art à la dérision, du réalisme à l’onirisme, on ne choisit pas mais on laisse aller son esprit, emporté dans le sillage d’un magicien et de sa muse, Gala. Le dîner du soir sur la grand-place de Gérone fut un moment rare d’amitié et de bien-être.
Le lendemain Barcelone nous attendait, forte désormais d’un rayonnement qui lui amène les curieux par milliers de tous les coins du monde. Beauté et charme de la vieille ville, étrangeté savante et sophistiquée des maisons de Gaudi, audace miraculeuse de la Sagrada Familia, tout appelle les superlatifs. Nous avons admiré, aimé, interrogé cette ville ambitieuse où la fierté nationaliste se nourrit de puissance matérielle et de rayonnement culturel. Il faisait bon, le soir, après l’exaltation, goûter la paix d’une petite ville de la périphérie, San Cugat.
Apothéose finale, l’excursion à Montserrat nous révéla un autre visage des passions catalanes : la dévotion à la Vierge noire du sanctuaire. Le cadre formidable des montagnes accueille tout un complexe de bâtiments qui entourent une église fastueuse où la statue sacrée trône au fond du chœur. Les prières et les chants entretiennent le recueillement. Quantité d’activités annexes, pieuses ou commerciales, sollicitent le visiteur alentour.
Ce voyage fut donc en tous points une réussite.
L’année se termina le 27 décembre par la traditionnelle assemblée générale des académiciens. Bertrand de Gorsse ayant souhaité quitter son mandat de secrétaire général, le président le remercia pour l’œuvre accomplie et Patrick Peyet fut nommé à sa place. Après Francine Antona, élue en 2018, Alain D’Haène fut élu académicien tandis que plusieurs personnalités furent pressenties comme futurs membres associés.
Un déjeuner au restaurant Le Castel d’Alti permit aux membres et à leurs invités de se retrouver dans une ambiance chaleureuse avant une réunion plénière à l’issue de laquelle Bertrand de Gorsse offrit une conférence où il évoqua Henri Béraldi, célèbre bibliophile et immortel auteur du livre « Cent ans aux Pyrénées », à la mémoire duquel se dresse une stèle dans le parc du casino de Luchon.
2018
Les activités traditionnelles de l’Académie se sont déroulées sans problèmes particuliers. Deux voyages ont eu lieu :
Au printemps nous sommes allés à Mirande et dans son voisinage, notamment à Garaison et Bassoues. La journée, ensoleillée, nous a permis de voir quantité de belles choses comme les collections de peintures du musée de Mirande qui valent le détour.
Fin août le voyage d’été a eu lieu au voisinage de Bordeaux, sur les pas d’Henri IV et de Clément V. Après une première étape à Nérac, nous avons gagné le voisinage de Bazas où se trouvait notre hôtel, fort agréable au demeurant. On ne citera pas toutes les belles et intéressantes excursions faites pendant ces trois jours, depuis la collégiale d’Uzeste où repose Clément V, jusqu’au château de Cazeneuve qui vit passer Henri IV et la reine Margot, sans oublier Saint-Emilion et sa fameuse église troglodyte.
Chaque fois nous avons bénéficié de prestations de qualité : guides érudits et aimables fournis par les offices de tourisme locaux, restaurants accueillants, causeries proposées par des membres participants. Tous ont contribué à faire de ces voyages des moments de convivialité chaleureuse.
Les conférences d’été ont été bien suivies, portant sur des sujets qui intéressaient directement notre région :
Francine Antona a évoqué la figure d’Henri de Gorsse, écrivain et personnalité marquante au début du XXe siècle.
Jean Montané a retracé l’histoire des diverses tentatives de construction d’une liaison transfrontière directe entre Luchon et Venasque, de 1764 à nos jours.
Martine Prouillac a présenté l’œuvre du peintre Édouard Paris à Luchon
Alain D’Haène a résumé la monographie de Luchon écrite par son instituteur à la fin du XIXe siècle et qu’il a miraculeusement retrouvée.
Patrick Peyet a décrit et présenté toute la documentation rassemblée en vue de l’exposition qui se prépare sur la vie et l’œuvre de Maurice Gourdon.
Enfin Élisabeth Baron-Lenormand a consacré une conférence à l’illustration du cirque de Gavarnie.
On doit se féliciter de la qualité de tous ces exposés, soigneusement illustrés, et remercier leurs auteurs, tout en soulignant l’intérêt qu’il y aurait à conserver leur texte ou au moins le support de leur conférence.
Quelques chantiers annexes ont mobilisé le bureau :
Sur une suggestion initiale de Bertrand de Gorsse nous avons fait aboutir le soutien financier exceptionnel de l’académie à la restauration d’une statue de Vierge à l’enfant du XIVe siècle, dans l’église de Billière (vallée de Larboust).
La préparation d’une exposition sur Maurice Gourdon, déjà évoquée, a beaucoup mobilisé plusieurs membres: Robert Pujol, Patrick Peyet, Alain D’Haène. Une convention de coopération avec le Val d’Aran avait été mise en place par l’entremise de Robert Pujol et Jep de Montoya. Cependant le projet a pris du retard. Il pourrait aboutir en 2020.
Un aménagement des réserves du musée est prévu pour mieux conserver les collections de la ville et de l’Académie. L’inventaire d’une partie des collections, notamment du fond photographique, se poursuit. Le classement et la reliure des numéros de la Revue de Comminges est en cours de finalisation, les diverses collections partielles ayant été regroupées et rationnalisées.
L’Académie a regretté les décès de René Comet et de Pierre Compans, tandis qu’Yvaine Buffelan-Lanore a été élue académicienne.
2017
L’Académie Julien Sacaze a choisi un nouveau président, Jean-Marc Chaduc, pour succéder à Claude Ferrage et animer ses activités, deux années durant, en 2017 et 2018.
La première manifestation de l’année fut une excursion à Auch, le 20 avril. Beaucoup sans doute connaissent la capitale de la Gascogne et ses monuments mais c’est toujours un plaisir de s’y retrouver et de visiter quelques endroits moins courus comme le musée d’art pré-colombien ou le théâtre à l’italienne. Une dégustation d’armagnac a clôturé la journée tandis que l’Association archéologique du Gers nous a reçus dans ses locaux pour un apéritif amical.
Les traditionnelles conférences d’été ont abordé quantité de thèmes en rapport avec l’histoire ou la géographie du Haut-Comminges. Yvaine Buffelan-Lanore, nouvelle académicienne, a présenté des commentaires juridiques sur la Grande Charte de Saint-Gaudens. Robert Curnelle nous a fait goûter quelques merveilles naturelles de la géologie. Daniel Cyrus a revisité la toponymie locale pour en dégager quelques lignes de force en relation avec la géographie et le vocabulaire pré-indoeuropéen. Serge Brunet a évoqué la fin des Guerres de Religion (1585-1598) dans le Comminges et le Val d’Aran avec le rôle des ligues campanaires. Patrick Peyet a retrouvé les traces et l’histoire des mines des Crabioules, au-dessus de Luchon. Georges Lagaillarde a mis en valeur les bonnes pages des mémoires d’un touriste anglais à Luchon vers 1825.
En cette année de commémoration de Luther, René Souriac, enfin, a donné une conférence publique au casino de Luchon sur les Commingeois, la religion et les Guerres de Religion au XVIe siècle.
Le voyage d’été, à Burgos, les 29, 30 et 31 août a connu un beau succès avec plus d’une trentaine de participants. Le voyage d’aller fut marqué par la dégustation d’une somptueuse paella, dans un restaurant du Pays Basque recommandé par notre ami Jep de Montoya. Dès l’arrivée à Burgos nous avons visité la cathédrale, joyau de la ville, et salué la mémoire de Rodrigue et Chimène qui y reposent. La journée du 30 août fut consacrée à un long périple dans la vallée de l’Arlanza, à une cinquantaine de kilomètres de Burgos. C’est là qu’est né le royaume de Castille avec les premiers comtes dont on croise le parcours dans les monastères et les châteaux. La petite ville de Covarrubias, le monastère de Silos ou encore le palais de Lerma furent quelques étapes marquantes de ce périple. Le dernier jour, à Burgos, nous réserva les visites les plus prestigieuses avec le panthéon royal de Las Huelgas et la Chartreuse de Miraflores.
Outre ces activités traditionnelles, l’Académie a entrepris la réalisation d’une exposition consacrée à Maurice Gourdon qui pourra être présentée en 2018. Une convention a été signée avec le Conseil général du Val d’Aran pour instaurer un partenariat autour de ce projet. De même des contacts ont été noués pour que l’Académie participe financièrement à la restauration d’une statue ancienne de la Vierge, à Billière.
L’année s’est terminée le 28 décembre par une assemblée générale et un déjeuner amical, suivi de la projection d’un montage vidéo réalisé par Yves Glock sur des images prises lors d’un précédent voyage de l’Académie sur la route des cloîtres en Catalogne.
Au cours de l’année, Bertrand de Lassus a été nommé membre d’honneur, Claude Ferrage, président d’honneur, Frédéric Vionne, premier vice-président, Jean Montané, Alain D’Haène et Jean Genot, membres associés. Deux académiciens sont décédés, Hubert Baron et Victoria Azemar.
2016
L’Académie a poursuivi ses travaux pendant la seconde année de la présidence de Claude Ferrage, avec les activités traditionnelles qu’elle propose à ses membres : voyages et conférences principalement.
L’excursion de printemps, dans le Volvestre ariégeois, a commencé par la visite du Mas d’Azil, grand site régional, où la rivière l’Arize a creusé une excavation grandiose dans le massif calcaire, avec tout un complexe de grottes habitées dès l’âge Magdalénien. L’aménagement moderne des lieux, avec un remarquable centre d’interprétation, éclaire l’histoire du site. Le petit musée du village voisin est un complément indispensable, en particulier pour admirer les œuvres des artistes préhistoriques. Après déjeuner, la découverte d’autres curiosités plus confidentielles mais toujours intéressantes, églises anciennes ou sites inspirés, a complété un programme riche et varié.
Cette année, l’Ariège était décidemment le département privilégié par l’Académie. Le voyage d’été s’est déroulé autour de Foix avec la visite de lieux chargés d’histoire. Les vestiges du camp du Vernet nous ont rappelé les heures noires de la guerre civile espagnole et de la Seconde guerre mondiale, tandis que le Carla-Bayle nous a fait souvenir de Pierre Bayle, philosophe des Lumières, un esprit toujours en quête de vérité au-delà des idées reçues. À Foix même, une guide charmante nous a présenté la vieille ville et l’abbatiale Saint-Volusien tandis que les plus courageux d’entre nous ont grimpé jusqu’au château de Fébus. Plusieurs visites originales ont aussi marqué ce séjour de deux journées, ainsi le centre des archives départementales dont la directrice, Claudine Pailhès, chartiste et auteure d’ouvrages de référence sur l’Ariège nous a personnellement guidés, et, sur le retour, l’abbaye de Combelongue et l’église Notre-Dame de Tramesaygues à Audressein. La cerise sur le gâteau fut la découverte impromptue de la charmante église Saint-Germier d’Ourjout et de ses fresques romanes récemment mises à jour. Si l’on mentionne encore l’apéritif de bienvenue offert le premier soir par le conseil départemental, on s’accordera pour trouver que ce périple ariégeois fut aussi riche qu’agréable.
Les conférences d’été sont l’occasion pour les académiciens et les membres associés de se souvenir que leur institution est en charge de l’illustration du patrimoine pyrénéen. Ils s’attachent donc à l’étude de sujets originaux avant de présenter à leurs pairs les fruits de leurs travaux. En 2016, Francine Antona a raconté l’histoire du Festival du Comminges, tandis que Bertrand de Gorsse a retracé les débuts de l’Académie. Remontant plus avant dans le temps, madame Rumeau-Rouquette a évoqué les gardes-du-corps pyrénéens de Napoléon, troupe d’élite recrutée en grande partie dans notre région, et Jean-Marc Chaduc deux journalistes du Second Empire, originaires des Pyrénées centrales et installés à Fos. Enfin Patrick Peyet est parti à la recherche de l’emplacement d’une forteresse du moyen-âge, située au dessus de Luchon, Albespi.
Patrick Peyet a été admis parmi les membres titulaires. Matthieu Tajan, Marie-Dominique Guiraud, Jean Montané et Jean Genot ont été admis comme membres associés.
L’Académie se préoccupe toujours du devenir de ses collections, en relation avec celui du musée du Pays de Luchon. Les travaux de la commission paritaire conjointe avec la municipalité de Luchon et de la commission scientifique n’ont pas, jusqu’à présent, débouché sur des perspectives précises. Cette incertitude regrettable n’empêche pas des coopérations limitées, par exemple à l’occasion d’expositions comme celle qui sera consacrée en 2017 à Maurice Gourdon et dont la préparation a été entreprise.
L’année s’est terminée par l’assemblée générale tenue le 29 décembre. À cette occasion, le bureau a été renouvelé, avec l’élection de Jean-Marc Chaduc au poste de président et de Patrick Peyet à celui de secrétaire général adjoint. Serge Brunet demeure secrétaire perpétuel, Bertrand de Gorsse, secrétaire général, Daniel Cyrus, trésorier, Élisabeth Baron-Lenormand, seconde vice-présidente. Le poste de premier vice-président demeure temporairement vacant. Enfin, Hubert Baron a été nommé membre d’honneur.
2015
L’Académie Julien Sacaze a poursuivi ses activités traditionnelles pendant une année par ailleurs riche en événements et drames nationaux, comme l’on sait. Le président Claude Ferrage, dont c’était la première année d’exercice, a su maintenir le cours des manifestations habituelles, réunions, conférences et excursions, tout en ouvrant le débat sur les perspectives à venir, liées aux relations et coopérations avec la ville de Luchon, en particulier pour la sauvegarde et la modernisation du musée.
Le voyage de printemps s’est déroulé le 24 avril, à Benasque. La petite ville était encore silencieuse, entre saison d’hiver et saison d’été. Un temps fort des visites, après déjeuner, fut la rencontre avec Jorge Mayoral, un entrepreneur passionné d’histoire locale, qui nous a présenté sa fabuleuse collection, digne d’un musée, de livres, de documents et de cartes sur notre région et notamment sur Luchon et ses environs. Il n’existe sans doute pas l’équivalent de ce côté de la frontière.
Le 10 juillet était organisée une balade à l’Hospice de France, pour admirer les résultats d’une rénovation très réussie. L’établissement, confié à des gestionnaires compétents et disponibles, propose aussi un musée pyrénéen.
Le voyage estival de trois jours a eu lieu les 25, 26 et 27 août, en Andorre. Après une étape à la Seu d’Urgell où l’on admire la cathédrale Sainte-Marie, remarquable monument roman, les participants ont eu le plaisir de visiter quantité de lieux qui font de l’Andorre un pays attachant, riche de surprises et de traditions : musée du tabac, églises romanes ou pré-romanes, stations de ski modernes, mais aussi commerces tapageurs. La visite de la Casa de la Vall, siège historique du pouvoir andorran, fut le moment le plus passionnant du séjour, grâce à l’accueil que nous réserva un ancien ministre qui voulut bien nous accompagner et compléter le discours de la guide.
Les conférences d’été ont illustré la variété des thèmes que l’Académie aborde chaque année pour mettre en valeur le patrimoine pyrénéen et plus spécifiquement luchonnais.
Le 17 juillet, Jacques Bergeon a évoqué Un centenaire : le séjour du prince Albert de Monaco dans les Pyrénées, tandis que Bertrand de Gorsse s’attachait aux relations entre Alain Fournier et les Pyrénées.
Le 31 juillet, Patrick Peyet rappelait la figure de Paul Boileau, l’homme, le botaniste et l’urbaniste.
Le 7 août, Jacques Teisseire, de Fronsac, est venu présenter son livre sur La Toponymie du Haut-Comminges.
Le 14 août, André Sacome, dit Saxo, figure luchonnaise, a raconté la vie d’un amoureux de la montagne.
Le 21 août, enfin, Frédéric Vionne proposait sous le titre énigmatique de Vigilance Blanche de retrouver l’histoire de Vigilance, hérésiarque commingeois du Ve siècle, et partait sur les traces de Blanche de Comminges, héroïne de roman de Dostoïevski.
L’année s’est terminée par l’assemblée générale du 29 décembre, agrémentée d’un agréable déjeuner et de communications diverses proposées par monsieur le curé Bellème sur le message du Cardinal Saliège en 1942, et par Jean-Marc Chaduc et Claudine Favre sur la visite à Luchon de la duchesse de Berry, en 1828. Patrick Peyet a été élu académicien et Mathieu Tajan membre associé.